Protéine C réactive

L’origine du nom « protéine C-réactive » (PCR) vient du fait qu’elle est capable de précipiter avec le polysaccharide C du Streptococcus pneumoniae. Elle fut découverte pour la première fois en 1930 dans le sérum de patients atteints de pneumonie. Dans les années qui suivirent, on constata que la PCR était également augmentée pendant la phase inflammatoire aiguë de nombreuses maladies.

Synthétisée dans le foie et libérée dans le sang, la PCR est un marqueur précoce et très utile de l’inflammation. Chez le sujet sain, son taux sérique est inférieur à 12 mg/L. Celui-ci s’élève dès la 6° heure qui suit l’apparition d’une inflammation liée à une infection ou une lésion tissulaire. Le pic sérique est atteint en 2 à 3 jours et peut dépasser 500mg/L. Le retour à la normale s’effectue rapidement une fois l’infection ou le traumatisme résorbés.

La vitesse de sédimentation (VS), autre marqueur de l’inflammation n’augmente que 24 heures après le début des symptômes. Le résultat de la VS peut être faussé par différents facteurs : taux de fibrinogène et d’immunoglobulines, nombre et morphologie des hématies.

Le dosage de la PCR est pratiqué pour dépister et surveiller l’évolution des maladies inflammatoires, diagnostiquer et surveiller un état infectieux.

Une des caractéristiques intéressantes de la PCR réside dans le fait que son taux s’élève beaucoup dans les infections bactériennes alors qu’il dépasse rarement 50 mg/L lors d’une infection virale. Cette propriété peut contribuer à optimiser la prescription antibiotique.

Cependant il faut émettre quelques réserves quant à l’utilisation de ce marqueur. Le taux de PCR, en dehors de sa non spécificité, peut être modifié par des facteurs autres que l’inflammation. Par exemple, lors d’un syndrome infectieux, les patients hépatiques ont une réponse PCR beaucoup mois importante que les sujets qui ont un foie normal. La consommation régulière d’alcool et le jeune peuvent diminuer le taux de base de la PCR. Inversement, ce taux de base est légèrement élevé chez les obèses, les hypertendus, les fumeurs et au cours des traitements par oestrogènes.

Une étude bien documentée a montré que les sujets déprimés qui subissent un stress psychologique par harcèlement moral présentent également une élévation du taux de base de la PCR.

Il existe depuis peu des tests PCR ultra sensibles destinés à détecter le risque de maladie cardio-vasculaire.

Le recours à cet examen doit être évité en dehors de tout contexte clinique ainsi qu’en préopératoire et dans les 3 jours qui suivent une intervention chirurgicale.

La PCR est un marqueur non spécifique d’une inflammation systémique qui se révèle très utile lorsqu’il est utilisé à bon escient.